LAMPADAIRES DE VILLE
Première partie
 
 
En modélisme ferroviaire, une série de lampadaires le long d'une rue c'est sympa.
Des lampadaires qui s'illuminent et qui éclairent la rue, c'est encore plus sympa.
Des lampadaires qui éclairent la rue le long de la gare de Bourg en Bresse à l'échelle "N", ça c'est extra !
Lampadaire_01.jpg
 
José nous expose ici sa méthode pour fabriquer des lampadaires à l'échelle "N".
Il fait la "lumière" sur tous les détails de leur construction dans une série de trois articles dont voici le premier.
 
La méthode est parfaitement transposable pour l'échelle HO.
Lampadaire_ville_plan.jpg
Lampadaire_1.png
Ces lampadaires mesurent 45 mm de hauteur.
La longueur d'encastrement du mât dans le sol est de 10 mm.
La potence qui supporte la vasque mesure environ 12 mm.
La vasque a un diamètre de 3,5 mm et une épaisseur d'environ 0,5 mm.
Pour les adeptes de l'échelle HO, les cotes devront être adaptées et le diamètre des tubes aussi.
 
Liste du matériel pour les lampadaires "N" :
  • tube laiton de 13/10 pour le mât ;
  • tube laiton de 10/10 pour la potence ;
  • couverture plastique de classeur de couleur bleue (pour tailler la vasque) ;
  • LED câblée type 0603 couleur blanche ou blanc chaud ;
  • un fil de téléphonie mono-brin dont l'isolant a un diamètre d'environ 1 mm (pour la protection des fils de la LED) ;
  • une bande de cuivre ou de laiton de 0,3 à 0,5 mm d'épaisseur (pour les socles des lampadaires).
 
Le challenge :
Pour que le lampadaire ait un bel aspect il est hors de question que les fils de la LED passent à l'extérieur des tubes en laiton.
Les deux tubes (mât et potence) seront donc soudés ensemble mais grâce à un trou pratiqué dans le poteau les fils pourront passer par l'intérieur.
Reste à réussir les soudures sans provoquer de court-circuit entre les fils.
 
Voyons cela en détails.
Le perçage du mât
Lampadaire_02.jpg
Lampadaire_03.jpg
 
Avec une petite lime carrée, pratiquer une encoche à 1,5 mm de l'extrémité supérieure du tube.
La profondeur de l'encoche ne devra pas aller au-delà de l'axe du tube.
 
Important : à l'aide d'un petit forêt de diamètre 0,8 mm enlever la bavure causée par la lime et agrandir un petit peu le trou.
C'est une des conditions pour éviter de blesser les fils de la LED.

 
La potence
Elle est taillée dans un tube de laiton de diamètre 1 mm.
  • avec une petite lime plate, dégager le tube jusqu'à mi-diamètre sur une longueur de 3 mm.
Au passage on remarque le gabarit en bois et ses encoches.
Le dégagement près de nous donne la cote du fraisage de la potence, soit 3 mm (pour donner la place de coller la vasque).
L'autre marque donne la cote de longueur de la potence (12 mm).
Lampadaire_04.jpg
Lampadaire_05.jpg
 
  • la potence est coupée de longueur, avec un cutter, en faisant rouler quatre ou cinq fois le tube sous la lame. (mais cela vous le saviez déjà).
  • ébavurer correctement les bords du dégagement et l'entrée du trou.
 
La vasque
Elle sera découpée dans le plastique d'un petit classeur à l'aide d'un emporte-pièce.
Choisir l'embout du diamètre le plus approprié. Ici, 3,5 mm.
Lampadaire_07.jpg
Lampadaire_08.jpg
 
Bien entendu si la vasque de votre modèle de lampadaire n'est pas ronde il faudra imaginer un autre moyen pour la fabriquer.
 
Collage de la LED sur la vasque
Lampadaire_09.jpg
Lampadaire_10.jpg
  • maintenir la LED sur le gabarit avec un bout d'adhésif. Les fils et les soudures des fils sur la LED sont très fragiles ;
  • la vasque (disque en plastique) est positionnée sous la LED ;
  • avec une aiguille déposer une petite goutte de colle cyanoacrylate liquide (pas en gel) ;
  • positionner correctement la LED à plat et bien au centre de la vasque.
 
Attention de ne pas la poser à l'envers sinon le lampadaire n'éclairera presque pas.
Il faut attendre quelques minutes pour que la colle durcisse. Prévoyez 10 minutes. Rien ne presse.
 
Après cette opération on vérifie que la LED est en état et qu'elle éclaire normalement.

A partir de maintenant, par prudence, cette vérification sera faite après chaque étape.
 
Collage de la vasque sur la potence
Lampadaire_11.jpg
Lampadaire_12.jpg
Lampadaire_13.jpg
 
  • tout d'abord il faut passer les fils de la LED dans le tube de la potence.
    Cette opération est délicate : il ne faut absolument pas blesser l'isolant.
  • toujours avec délicatesse, positionner la vasque équipée de sa LED dans le dégagement de la potence.
 
Vous remarquez que le gabarit possède une encoche en "V" pour laisser la place de la LED sous la vasque.
 
Vérifier que la LED s'allume toujours.
  • la vasque est collée à la potence avec une petite goutte de cyanoacrylate liquide. On laisse durcir quelques minutes ;
  • le dôme du projecteur est créé en déposant une goutte de colle vinylique (colle à bois) à prise rapide.
    Il y aura un peu de retrait en volume mais il sera limité grâce à l'emploi de colle à prise rapide qui contient moins d'eau. 
Lorsque la colle vinylique sera durcie, vérifier que la LED s'allume toujours.
 
LAMPADAIRES DE VILLE
Deuxième partie
Soudage de la potence et du mât
C'est sans doute l'opération la plus délicate.
  • toujours avec une grande délicatesse, passer les fils de la LED dans le mât :
Lampadaire_14.jpg
Lampadaire_14_2.jpg
  • mettre en place le mât et la potence sur le gabarit ;
 
Le gabarit porte les empreintes pour positionner les deux tubes à angle droit.
Une description du gabarit sera donnée en fin de troisième partie (Lien vers la troisième partie de l'article)
  • les pièces sont maintenues en position par des pinces crocodile (par exemple) ;
  • vérifier que la position de la vasque est correcte et que le tube de la potence est rigoureusement en face du trou dans le mât.
Lampadaire_15.jpg
Lampadaire_16.jpg
 
Vérifier que la LED s'allume toujours.
 
 
Pour souder la jonction mât-potence on utilise une méthode qui permet de déposer le minimum de soudure.
En effet la soudure des deux tubes doit être discrète. Elle ne doit pas non plus "remplir" les tubes et ne pas souder les fils de la LED :
 
  • déposer une petite goutte d'eau à souder avec un fil de laiton sur la jonction des deux tubes (voir l'article sur l'eau à souder).
Lampadaire_17.jpg
Lampadaire_18.jpg
 
  • nettoyer très soigneusement la panne du fer à souder pour la débarrasser de toute trace de soudure et de calamine ;
  • prélever une toute petite quantité de soudure et laisser le décapant partir en fumée : le décapant qui nous intéresse est déjà sur les pièces à souder ;
  • approcher la panne du fer de la jonction des deux tubes : la soudure "mouille" instantanément et fait le tout de la jonction. Ne pas surchauffer pour ne pas risquer d'endommager l'isolant des fils de la LED ;
  • retourner le lampadaire et vérifier que la soudure a bien "pris" de l'autre côté.
 
Si ce n'est pas le cas :
  • maintenir l'assemblage en position (remarquez que le gabarit est réversible) ;
  • déposer une petite goutte d'eau à souder et approcher brièvement le fer de la jonction des tubes.
    Il n'est même pas nécessaire de rajouter de la soudure. Le peu qui reste sur la panne suffit.
 
Vérifier que la LED s'allume toujours.
Soudage du socle
 
A ce stade les difficultés majeures sont derrière nous.
  • sur une feuille de cuivre ou de laiton, épaisseur 0,3 à 0,5 mm, tracer soigneusement des séries de carrés de 3 mm de côté ;
  • percer ces petits carrés au diamètre extérieur du mât, soit 1,3 mm ;
  • découper ces petits carrés avec des ciseaux.
Lampadaire_19.jpg
Lampadaire_20.jpg
Lampadaire_21.jpg
 
  • positionner le mât dans une pince à linge en bois dans laquelle on aura pratiqué une gorge pour maintenir le tube ;
  • disposer le petit carré du socle avec la bonne orientation ;
  • apporter une petite goutte d'eau à souder ;
  • souder rapidement.
Vérifier que la LED s'allume toujours.
 
LAMPADAIRES DE VILLE
Troisième partie
Protection des fils de la LED
  • dénuder un fil de téléphone (fil rigide mono-brin de petit diamètre) ;
  • prélever une longueur de 45 mm d'isolant ;
  • engager les fils de la LED dans la gaine ;
  • forcer délicatement la gaine à l'intérieur du tube, sur environ 5 mm.
Lampadaire_24.jpg
Lampadaire_25.jpg
 
Vérifier que la LED s'allume toujours.
 
Mise en peinture
Avant la mise en peinture on bouche le trou en haut du mât avec une toute petite goutte de colle vinylique.
La mise en peinture se fait au pinceau ou à l'aérographe.
Lampadaire_27.jpg
Lampadaire_26.jpg
 
A droite deux lampadaires terminés. Le premier est peint mais n'a pas de socle.
 
Et voilà le résultat !
Pas mal, non ?
Lampadaire_28.jpg
 
Compléments
 
La peinture sur cuivre ou laiton :
La peinture des pièces en laiton est toujours délicate : l'adhérence n'est en général pas très bonne, voir franchement mauvaise.
Il existe pourtant une solution qui donne une bien meilleure accroche :
Lorsque le bain d'attaque 2xH2O + 1xHCl + 1xH2O2 que vous utilisez pour la gravure de vos circuits imprimés est saturé (ou presque saturé), ne le jetez pas.
Conservez-le dans une bouteille en plastique que vous prendrez soin de ne pas boucher de façon trop étanche car un dégagement gazeux se poursuit pendant quelques jours.
Après un jour ou deux ce bain n'est plus apte à graver les circuits imprimés.
Par contre il peut être utilisé comme bain de mordançage pour le cuivre ou le laiton.
Comment procéder ?
  • tremper la pièce à peindre (cuivre ou laiton) pendant environ 1 minute dans le bain de mordançage : la pièce se recouvre de cuivre et devient mate, couleur "vieux rose",
  • laver à l'eau très soigneusement,
  • essuyer avec un chiffon propre ou un mouchoir en papier (pas de papier ménage qui dépose un peu de silicone).
 
Dans le cas des lampadaires le trempage est plus risqué : le liquide de mordançage ne doit pas pénétrer dans les tubes.
  • procéder avec un pinceau en poils synthétiques, en plusieurs passages
  • le lavage se fera aussi au pinceau.
 
 
 
 
Gabarit en bois
Lampadaire_gabarit.png

 

 

© 2020 par Hubert SPERI – Créé avec Wix.com

WIX.png
BB1601_loco_2A.png